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jeudi 19 septembre 2013 | Par Manuel Bompard

Vous avez interrompu la vieille chanson…

Photo de la rencontre

Il est de ces rencontres qui donnent tout son sens à notre engagement. De ces rencontres qui réchauffent le cœur et le remplissent d’espoir. Celle qui a eu lieu ce mercredi 18 septembre à Toulouse à l’initiative du Comité de Soutien aux Luttes du Peuple Tunisien (CSLPT) fait partie de celles-ci.
 
Ce collectif qui s’est constitué en Haute-Garonne à la fin de l’été et qui rassemble des organisations syndicales, associatives et politiques (dont le Parti de Gauche), recevait Sonia Jebali et Monia Dridi, deux syndicalistes du syndicat tunisien UGTT de l’entreprise Latelec de Fouchana en Tunisie. Cette société produit en Tunisie des câbles aéronautiques pour le compte du leader français Latécoère, implanté à Toulouse.
 
Depuis que Sonia et Monia ont fondé à Fouchana une antenne de l’UGTT, la répression syndicale n’a pas cessé. Création d’un syndicat « maison », menaces physiques et verbales, insultes et agressions à l’encontre des syndicalistes, et enfin licenciements, la direction ne recule devant rien pour empêcher l’action collective des salariées de Latelec, à 80 % des femmes. Face à cette situation, le gouvernement tunisien ne fait rien pour faire respecter la loi et décourage les mobilisations populaires en exerçant un chantage inacceptable au maintien de l’emploi en Tunisie.
 
Car la mobilisation de Sonia et Monia s’inscrit dans le contexte politique de la révolution tunisienne, partie de Sidi Bouzid le 17 décembre 2010, et que nous a rappelé Samir Hammouda, représentant du Front Populaire. Oui, la révolution citoyenne connaît des moments lumineux, mais aussi des difficultés. Oui, les forces contre-révolutionnaires, réactionnaires et fascistes, se sont attelées à la Révolution pour la circonscrire. Mais le peuple tunisien prouve chaque jour sa dignité et sa détermination à reprendre en main le processus révolutionnaire.
 
Qu’il s’agisse des citoyens qui demandent toutes les semaines la vérité sur le meurtre de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi, des défenseurs de l’UGTT quand elle est attaquée, des mineurs de Gafsa, des chômeurs de Siliana, des instituteurs, des femmes, des pêcheurs artisanaux, des avocats qui défendent l’indépendance de la justice, des citoyens lorsqu’ils s’opposent aux projets de Shell pour mettre la main sur les gaz de schiste, la révolution a réveillé les forces sourdes du peuple tunisien qui grondaient pendant des décennies de dictature. La détermination de Sonia et Monia, malgré les menaces et les agressions, malgré la difficulté de la tâche, est la preuve de cette vitalité.
 
Les militants du Parti de Gauche de Haute-Garonne ont assuré Sonia et Monia de toute leur solidarité. Les ennemis du peuple tunisien sont nos ennemis : l’oligarchie qui se gave pour conserver ses privilèges et les forces réactionnaires et fascistes qui tuent en Grèce, en Tunisie comme en France. Nous nous indignons de l’attitude du gouvernement français qui soutient le gouvernement tunisien sans demander aucun compte sur les assassinats politiques en Tunisie. Nous refusons la logique du choc des civilisations dans lequel se vautre le gouvernement français par son alignement sur la politique impérialiste des États-Unis d’Amérique. Nous combattons l’Europe austéritaire qui opprime ses peuples et les peuples du monde entier. Nous voulons construire avec le peuple tunisien des liens forts de fraternité, de solidarité et des projets communs autour de la méditerranée, notre bien commun.
 
« Vous avez interrompu la vieille chanson qui berçait la misère humaine… et la misère humaine s’est réveillée avec des cris, elle s’est dressée devant vous et elle réclame aujourd’hui sa place, sa large place au soleil du monde naturel, le seul que vous n’ayez point pâli » disait Jean Jaurès.
 
Avec Sonia et Monia, le peuple tunisien réclame aujourd’hui sa place !

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