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lundi 11 novembre 2013 | Par la commission écologie du PG31

Val Tolosa : derrière le discours écolo, un projet mortifère

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Alors que la crise écologique est chaque jour plus criante — avec des événements climatiques extrêmes, un réchauffement global, l’extinction massive et rapide des espèces — certains s’obstinent à poursuivre la politique productiviste qui nous mène à la catastrophe. Et à détruire ce qu’il reste du lien social. Cachée derrière une communication plus verte que nature et des concepts séduisants, c’est cela la réalité du projet inutile et nuisible Val Tolosa qui s’annonce à Plaisance-du-Touch, aux portes de Toulouse.
 
« Val Tolosa est conçu pour accueillir les visiteurs comme dans un grand parc paysager » nous affirment les promoteurs. Des « Portes de Gascogne » à Val Tolosa, le nom change et la communication se verdit. « Véritable invitation à la balade bucolique » il y aura une « Grande Serre » où se mélangent « mobilier design et végétation luxuriante : un endroit propice pour une ballade shopping reposante ». Quand consommer devient une escapade nature, on oublierait presque le mot « shopping » au milieu de la phrase. « Écrin exceptionnel pour des enseignes internationales innovantes, la Serre Tropicale abrite la zone « Premium » dans laquelle chaque enseigne dispose d’une vitrine aux dimensions « ioniques » afin d’exprimer toute sa créativité. » Reconnaissons-le : chaque mot est soigneusement choisit pour susciter le désir. Val Tolosa nous vend du rêve. C’est pourquoi nous devons le clamer haut et fort : ce projet, c’est un cauchemar !
 
Car derrière les belles déclarations et les pots de fleurs, de quoi s’agit-il ? D’un méga centre commercial s’étendant sur près de 115 000 m² et nécessitant la destruction de plusieurs dizaines d’hectares de terrains naturels. Un immense temple dédié à la consommation (notamment haut de gamme à destination des plus aisés) pour le profit de quelques uns : les actionnaires du promoteur immobilier Unibail-Rodamco d’abord, puis ceux des grandes enseignes commerciales qui seront implantées. Le refrain est connu et ses conséquences aussi :

  • L’artificialisation galopante des terres et le bétonnage comme unique horizon environnemental.
  • Le coût énergétique énorme, à la fois pour sa construction et son fonctionnement mais aussi parce que ce projet consiste à éloigner le lieu de travail et de consommation du domicile, à entretenir des surfaces climatisées et conditionnées, à inonder le bassin — déjà saturé — de véhicules automobiles.
  • La destruction des petits commerces et services de proximité des centres-villes (qui créent plus d’emploi par transaction que les grandes surfaces ; pour un emploi créé en grande surface, qutre sont détruits en ville).
  • La dépense indirecte d’argent public (routes).
  • L’aliénation au tout marchand en promouvant le « fun shopping », basé sur la consommation à outrance et la loi de l’offre, la dépendance à la voiture, la déambulation passive dans des enceintes artificialisées où le temps libre serait réduit au temps de la consommation.

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Enfin, le projet Val Tolosa illustre douloureusement le déséquilibre démocratique de nos sociétés : quelle voix pour les citoyens de la Ménude et d’ailleurs ?
 
Au contraire, l’aménagement du plateau de la Ménude pourrait être l’occasion de démontrer la faisabilité et l’intérêt de l’alter développement écologique et social que nous prônons au Parti de Gauche, ce que nous appelons l’écosocialisme :
 
Dans un cadre démocratique basé sur l’implication populaire (information, débat public, consultation citoyenne), ce serait l’occasion pour toutes et tous de s’impliquer dans les décisions collectives, de se réapproprier le territoire et la vie de la cité. Les projets seraient élaborés à partir d’un raisonnement intégré, faisant appel à l’urbanisme et l’écologie politique. Par exemple :

  • Au lieu de bétonner la moindre parcelle de nature, nous pourrions, comme le suggère le collectif Gardarem la Ménude, « faire de ce plateau un territoire protégé et financer cet espace écologique en échange d’une contribution des communes avoisinantes pour avoir préservé cet espace non bétonné dans une zone périurbaine ».
  • Au lieu de consommer des produits alimentaires cultivés à l’autre bout du monde à grand renfort de pesticides, nous pourrions mettre en place des zones maraîchères visant à rapprocher la production agricole (biologique) des centres urbains (en circuits courts), pour que les citoyens et les citoyennes aient accès à une alimentation saine avec un minimum d’émission de gaz à effet de serre.
  • Au lieu d’envisager le bonheur à travers l’accumulation de biens, nous pourrions créer des zones de loisirs ou culturelles favorisant les liens humains, la curiosité et la solidarité.
  • Au lieu de construire de grands projets coûteux et polluants nous pourrions promouvoir des activités industrielles s’inscrivant dans une démarche de planification écologique qui contribueraient à relocaliser l’emploi et à vivifier le territoire.
  • Au lieu de consommer dans des grandes surfaces désincarnées, nous pourrions créer de nouveaux quartiers modèles d’habitation et d’activités de proximité pour répondre à la crise du logement en inventant une nouvelle organisation conviviale, écologique et sociale de la cité.

Pour toutes ces raisons, le Parti de Gauche était présent le 9 novembre à la marche de la Ménude contre Val Tolosa et réaffirme haut et fort son opposition totale à ce projet nuisible et dépassé. Contre leur capitalisme productiviste, vive l’écosocialisme !

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