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samedi 11 octobre 2014 | Par Benoit Huou

Non à la fermeture de la Case de santé !

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A Toulouse, sur la place Arnaud Bernard, se trouve la Case de santé, centre de santé et pôle santé droit. Depuis sa création en août 2006, elle fait vivre, au travers de son activité, une vision de la santé innovante et solidaire, pas uniquement cantonnée au domaine du soin curatif.

 

Pour les professionnel-le-s de la Case, la santé est un bien-être, et les conditions sociales des usagers y sont intimement liées (accès au logement, conditions financières…). Ils promeuvent également une démarche libérée du domaine marchand (pas de recours à tout prix à de la médicamentation, accompagnement des usager-e-s, pratique du tiers payant…).

 

De par cette vision large et les pratiques d’accompagnement des usagers qui vont avec, la Case de santé constitue une structure essentielle de l’aide aux populations précaires, non seulement du quartier, mais de la cité toulousaine (sans-papiers en lien avec le Collectif Toulousain pour le Droit à la Santé des Étrangers, qu’elle assiste dans ses démarches d’obtention de titres de séjour, sans-logis, etc …).

 

Cette structure s’est fondée sur une philosophie coopérative. Toutes les décisions y sont prises collectivement, et les rémunérations des salarié-e-s, qu’ils soient médecins, infirmiers, ou chargés d’entretien sont équitablement réparties. Un vrai exemple d’action solidaire au service du droit à la santé pour toutes et tous.

 

Ce centre de santé dépend aujourd’hui en grande partie des acteurs publics (ARS, Assurance maladie) et des collectivités locales (conseil régional, conseil général, mairie). Depuis les premiers financements publics en 2008, ces dotations ont été très irrégulières, mettant chaque année le centre en difficulté. Mais cette année, la situation est pire : une part importante des subventions versées en 2013 n’ont pas été reconduites. Si rien n’est décidé par les pouvoirs publics pour pérenniser ces financements avant le 1er novembre, la Case se verra obligée de mettre la clef sous la porte.

 

Pourtant, le travail mené est reconnu comme ayant porté ses fruits, le fait que la Case de santé soit au service de l’intérêt général est admis de façon officielle, on la montre même en exemple dans tout le pays ! Il faut ajouter que le centre de santé prend en charge actuellement 1300 usager-e-s qui devront se reporter sur l’hôpital public en cas de fermeture. Or les hôpitaux, saturés et comprimés par l’austérité budgétaire, ne sont pas en mesure d’assumer correctement la prise en charge de ces nouveaux patients. C’est aussi 11 professionnel-le-s qui risquent de se retrouver au chômage, et un lieu de stage de formation pour les étudiants des domaines médicaux qui risque de disparaître.

 

L’existence de la Case de santé n’est pas contradictoire avec une vision de la santé comme service public, au contraire, elle renforce cette conception. Son approche innovante est une mine d’expériences dans laquelle il faudrait piocher pour renouveler les pratiques publiques, notamment pour casser cette cloison gênante qui existe entre le domaine du soin médical et le domaine du travail social.

 

Le Parti de Gauche soutient la lutte des professionnel-le-s et usager-e-s de la Case, pour reconnaître le droit à l’accès au soin et à une vie en bonne santé pour toutes et tous. La démarche défendue et mise en application sur la place Arnaud Bernard correspond à une vision humaine, consciente de l’impact des inégalités sociales et libérée des impératifs marchands, vision que nous défendons dans le cadre de notre projet politique.

 

Que la Case de santé vive, et mieux, qu’elle fasse des émules !

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