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mercredi 22 octobre 2014 | Par PG31

Deux poids, deux mesures !

L’attribution du prix Nobel d’économie à un chercheur toulousain s’est accompagné d’un concert de louanges du personnel politique de notre département. Défenseur des thèses économiques les plus libérales, Jean Tirole est notamment partisan de la mise en concurrence des secteurs-clés du service public dont l’énergie, de la marchandisation à outrance avec un droit à polluer négociable et de la flexibilisation accrue du marché du travail. Il défend une vision de la recherche très liée aux grands intérêts économiques du pays. Ainsi, AXA, la BNP ou le Crédit Agricole financent ses travaux et participent à la gestion avec des méthodes « proches de l’opacité » selon la Cour des Comptes. Il n’est donc pas illogique qu’il reçoive le prix de la Banque de Suède, et non le prix Nobel d’économie qui n’existe pas !
 
Dans le même temps, peu de voix se sont manifestés pour soutenir les milliers de chercheurs, personnels de laboratoire, doctorant et précaires de la recherche, en marche depuis plusieurs semaines vers Paris pour sauver l’Enseignement Supérieur et la Recherche. Ils refusent les politiques d’austérité budgétaire et leurs conséquences dans l’ESR. Ils contestent la substitution des dotations directes aux laboratoires par un système d’appel à projets ultra-sélectif. Ils dénoncent le nombre croissant d’emplois non-permanent (CDD, post-docs, doctorants) précaires qui peuplent à présent les unités, et la dramatique chute des recrutements statutaires, notamment via le CNRS, qui pourraient aboutir à une année blanche en 2016, dans des secteurs fondamentaux.
 
Ils demandent :

  • la mise en œuvre d’un plan pluriannuel ambitieux pour l’emploi statutaire à tous les niveaux de l’ESR (20 milliards d’euros sur 10 ans)
  • une répercussion importante vers les laboratoires et les universités des fonds affectés au Crédit Impôt Recherche (CIR) aujourd’hui détourné par les grandes entreprises, comme Sanofi qui a reçu 150 millions d’exonérations fiscales tout en licenciant de nombreux chercheurs sur son site toulousain.
  • la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives, la facilitation de l’emploi des docteurs et la diffusion de la culture scientifique, dans les entreprises et la haute fonction publique.

Le Parti de Gauche 31 soutient ces revendications. Nous refusons la vision comptable de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche que veut nous imposer le gouvernement et qui va à l’encontre de la tradition de la recherche française qui a permis tant d’avancées scientifiques. Nous défendons au contraire une recherche publique dynamique permettant de s’atteler aux grands défis de notre temps.
PG31

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