Bienvenue sur le site du Parti de Gauche en Haute-Garonne.

vendredi 5 décembre 2014 | Par

Un vrai statut pour les sages-femmes

Sagefemmes

Depuis plus d’un an, les sages-femmes se battent pour obtenir une meilleure reconnaissance de leur profession. Le 16 octobre dernier, elles manifestaient devant l’Agence régionale de santé. Rencontre avec Marie Royole, adhérente à l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF) de Midi-Pyrénées.

 

Votre profession est mobilisée depuis plus d’un an. Pourquoi ?
Notre mouvement de grève a commencé le 16 octobre 2013 par un sitting devant le ministère de la santé. Nous demandions que nos syndicats soient reçus dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie nationale de santé. Puis, en mars 2014, la ministre de la santé, Marisol Touraine, nous a fait des « promesses ». Nous avons eu droit à un changement de nom (sages-femmes des hôpitaux), mais pas de statut. Puis elle a exposé les mêmes propositions qu’une circulaire de 2002 qui n’a jamais été appliquée. Celle-ci prévoit que nous soyons placé-e-s sous la responsabilité directe de la direction des établissements de santé, au lieu de celle de la « direction des soins » (ce qui est le cas aujourd’hui), qui a pour vocation de s’occuper des professions paramédicales. Le problème, c’est qu’à l’heure actuelle, les décrets d’application ne sont toujours pas sortis. On a clairement l’impression que le ministère joue la montre.

 

Concrètement, quelles sont vos revendications ?
Nous demandons un statut qui corresponde à notre niveau d’études, de compétences et de responsabilités, c’est-à-dire le statut de « professionnel-le-s de santé », comme les médecins, dentistes, pharmacien, etc. En effet, aujourd’hui, nous avons les mêmes responsabilités qu’eux, notamment devant les tribunaux, mais ne sommes reconnu-e-s que comme des « auxiliaires de santé » par l’Assurance Maladie (infirmier-e-s, kinés, aides-soignant-e-s), avec des salaires à hauteur de bac +3 alors que nous avons un bac +5 (avec la densité d’enseignements d’un bac +6). Bref, un statut « batard » qui, par exemple, ne nous permet pas de siéger au sein des commissions des établissements hospitaliers pour défendre notre vision de l’accompagnement des patientes. De plus, notre formation (après la première année de médecine), n’est pas dispensée dans le cadre des universités. Nous demandons donc une meilleure reconnaissance de notre profession et que notre formation devienne universitaire. Mais aussi une meilleure information sur notre métier auprès des patientes, qui ignorent souvent ce que nous pouvons faire. Par exemple, très peu de femmes savent que nous pouvons assurer leur suivi gynécologique, y compris hors grossesse, à la place des gynécologues ou médecins généralistes.

 

Pourquoi votre mouvement de grève est-il si peu visible ?
Tout simplement parce que, même en grève, nous continuons d’assurer la continuité des soins, pour deux raisons : d’une part nous sommes « réquisitionné-e-s », nous en avons l’obligation légale ; d’autre part, nous ne souhaitons pas pénaliser nos patientes. Lors des deux premiers mois de grève, certain-e-s ont refusé de réaliser les actes non urgents (comme les consultations programmées). Mais la grève a surtout pris une forme plus administrative, via le refus des sages-femmes hospitalières d’enregistrer leurs actes, ce qui a demandé aux établissements de santé de réaliser des démarches plus longues et plus compliquées auprès de l’Assurance Maladie pour obtenir leurs remboursements. Aujourd’hui, la grève est suspendue dans de nombreux établissements, mais la mobilisation continue. La nouvelle loi de santé semble encore nous avoir oublié-e-s. Nous allons donc contacter un maximum de parlementaires pour leur demander de présenter des amendements concernant notre statut.

 

Le 16 octobre dernier vous avez manifesté devant l’Agence Régionale de santé Midi-Pyrénées. Qu’est-il ressorti de cette action ?
Une délégation a été reçue. Les représentants de l’ARS nous ont assuré qu’ils allaient faire remonter nos revendications au ministère. Quant à notre demande de plus de visibilité auprès du public, au printemps dernier ils nous avaient déjà promis de faire une campagne d’information régionale. Celle-ci n’ayant toujours pas eu lieu, ils ont reconnu leur retard, mais à l’heure actuelle nous n’avons toujours pas de date concernant son lancement…

 

En savoir plus : www.onssf.org

Catégories Opinions